Bacchanales n°50 "Pas de blessure, pas d'histoire (Poèmes d'Afrique du Sud)"

Bacchanales n°50 Novembre 2013

“Pas de blessure, pas d'histoire (Poèmes d'Afrique du Sud)”
Edition dirigée par Denis Hirson. Poètes : Antjie Krog, Robert Berold, Karen Press, Vonani, Bila, Bulelani Zantsi, Phorolo Matheas Mamogobo, Christian Themba Msimang, Aris Sitas, Keorapetse Kgositsile, Mongane Wally Serote, Gcina Mhlophe, Mxolisi Nyezwa, Isabella Motadinyane, Gert Vlok Nel, Kelwyn Sole, Ingrid de Kok, Rosamund Stanford, Rustum Kozain, Gabeba Baderoon, Joan Metelerkamp, Finuala Dowling, Isobel Dixon, Denis Hirson, Katharine Kilalea, Jim Pascual Agustin, David wa Maahlamela, Ronelda Kamfer.
Couverture, illustrations et hors-texte : Anne Sauzey
228 pages • Prix : 20 €

 

 

Revue publiée avec le soutien de la Région Rhône-Alpes.

Poèmes extraits du Bacchanales n° 50 " Pas de blessure, pas d'histoire"

Sonnet des flux chauds


une chose agrafe ta moelle tu sens un incendie
tout juste allumé diffuse son angoisse
un grain, tes veines parcourent ta chair
avec feu ton coeur enflammé maintient


l’équilibre hors d’eux tes os cuisent ton visage chante
tes joues frémissent déconcertées à tout coup
tu te disloques en grésillements enchâssés
ta peau sue des étincelles en couches légères


un jour sur ta chaise tu bouges – et tu sens
le charbon du creuset qui détruit tes sèves
ultimes. Putain, c’en est trop :


brûlant comme un guerrier tu te lèves
– proue en feu – tu prends la mort à la gorge, lui laboure
le nez à travers ton con épilé, recuit

 

 

Poème traduit de l’afrikaans par Georges-Marie Lory

Antjie Krog

Bacchanales n° 50 " Pas de blessure, pas d'histoire"

Novembre 2013

Dans le berceau de l’Humanité


Le temps géologique nous situe
au croisement des hominidés et de la démocratie,
plus sages ou plus jeunes ou plus vieux ou plus en harmonie
que les nations dépourvues de miracle du monde.


Nous avions longtemps été des dents, pierres crasseuses
solidement enchâssées dans la terre chaude.
Il a suffi de nos dents pour raconter
l’histoire fossilisée de nos vies.


Quelque chose nous a déterrés,
nous a ouverts en nous brisant, nous a expulsés
dans le grand nulle-part noir de l’univers.


Quelque chose a remis en place la poussière de charbon
de nos âmes
afin que nous ayons l’éclat momentané des fleurs,
et que nous devenions des rubis plus précieux que le sang.

 

 

Poèmes traduits par Katia Wallisky et Denis Hirson.


Karen Press

Bacchanales n° 50 " Pas de blessure, pas d'histoire"

Novembre 2013